jeudi 27 juillet 2017

La guerre des bouchons, voici quelques informations utiles sur le bouchon.

Les discussions sont toujours très animées entre professionnels du vin ou entre amis autour d’une table lorsque la question est posée du bien-fondé ou non de boucher les bouteilles de vin avec des bouchons en liège,en plastique, a vis , a verre, ou DIAM. Il y a les défenseurs, les détracteurs, les dubitatifs et tous les à priori, les certitudes et les contre-vérités.



Les bouteilles bouchonnées sont une plaie. Aucun procédé alternatif n'est pour le moment satisfaisant ( Sauf que….)

Le bouchon en liège


Depuis la plus haute antiquité, le liège est utilisé pour boucher certaines amphores mais c’est au XVIIe siècle que ses propriétés furent redécouvertes en France par le moine Dom Pérignon.
Le liège possède des propriétés intéressantes puisqu’il constitue un corps d’obturation suffisamment élastique pour être facilement inséré dans le goulot lors de la mise en bouteilles, et plus tard aisément retiré au moment de la consommation. Il se révèle par ailleurs imperméable pour garantir la préservation du vin tout en possédant une neutralité chimique et il est imputrescible. Il permet des échange gazeux avec l’extérieur tout en restant hermétique.
La production de liège est cependant longue et coûteuse. Il faut en effet attendre entre 10 et 15 ans pour procéder à la première levée sur une chêne-liège, le plus souvent élevé dans le pourtour de la Méditerranée, puis 5 à 6 ans pour que le liège acquiert ses propriétés optimales.
Il jouit de l’image d’un produit noble qui généralement est associé à la qualité du vin qu’il accompagne, et les idées reçues ont la vie dure.
Son petit point faible est que parfois, selon la qualité, qu’ il existe plusieurs niveaux de qualité, ou selon les conditions de vieillissement du vin, est qu’il peut se dégrader et apporter un goût de bouchon rédhibitoire sur les arômes du vin.

Quels impacts sur l’environnement?

Les bouchons en liège présentent aussi des avantages environnementaux par rapport aux obturateurs alternatifs au niveau de la consommation de ressources naturelles, des émissions de gaz et particules vers l'atmosphère, des rejets de produits polluants dans l'eau et de la production de déchets.
Les paysages des forêts de chênes-lièges illustrent l'équilibre entre la préservation d'un écosystème (plantes et animaux rares) et le développement d'activités professionnelles raisonnées. Des reptiles aux lynx ibériques en passant par les oiseaux migrateurs, chaque espèce trouve ici la nourriture et l'espace nécessaires. Côté végétaux, les subéraies du bassin méditerranéen abritent plus d'une centaine d'espèces de plantes aromatiques culinaires ou médicinales. Et le chêne-liège est particulièrement résistant aux feux de forêts qui ravagent régulièrement le pourtour Méditerranéen. Pour les Hommes, ces écosystèmes offrent des opportunités de développement à des régions socialement et économiquement pauvres tout en préservant les sols face à l'avancée de la désertification.
De plus, les sous-produits issus des différentes étapes de fabrication des bouchons et non utilisables sont transformés en liège aggloméré et utilisés pour d'autres applications notamment dans l'architecture et la décoration.
Enfin, les bouchons sont entièrement recyclables. Récupérés, ils sont broyés en granulés de différentes tailles qui serviront principalement à la fabrication de matériaux isolants et de parquets. Dans tous les cas, les bouchons de liège ne seront pas recyclés comme bouchons.
Malheureusement, la filière de récupération des bouchons n'est pas encore mûre même si de nombreux projets en Europe et aux USA sont en cours et que des pays comme l'Allemagne ou la Belgique récoltent environ 10% des bouchons de liège utilisés sur leur territoire. Les professionnels du liège se mobilisent aujourd'hui pour une organisation . Certaines associations proposent de récupérer vos bouchons.

Le bouchon synthétique


L’idée d’un substitut au bouchon traditionnel en liège est née de la nécessité de répondre à une progression de la demande, à la baisse des coûts et à la problématique du goût de bouchon. Fabriqué à base de polymères et de gaz carbonique pour le noyau et de l’extrudage d’une peau extérieure en plastique flexible, le risque d’un goût de bouchon disparaît (à condition qu’il ne provienne pas de sa maturation en fût, ce qui est encore possible à cause du bois).
Le bouchon en plastique est souvent synonyme de vin « bas de gamme », ce qui n’est pas toujours vrai. La plupart des bouteilles de vin provenant d’ Amérique du Sud ou des pays de l’Hémisphère Sud en sont équipés. D’abord parce-que l’achat de liège en Europe est prohibitif et parce-que ces vins, destinés principalement à l’exportation, voyagent mieux ainsi.
Ils sont, par contre, beaucoup moins bien adaptés pour des vins de garde car ils ne permettent pas les échanges gazeux, ni une parfaite étanchéité à long terme. Ainsi vous ne trouverez jamais de bouchons synthétiques dans les grands vins de Bordeaux ou de Bourgogne.
Pour ou contre les bouchons en liège ou les bouchons synthétiques ?
L’utilisation du bouchon synthétique progresse sans pour autant s’imposer et répond avant tout à une préoccupation économique. Le rapport du prix du bouchon pour une bouteille de Bourgogne Aligoté n’a pas le même sens que pour une bouteille de Puligny-Montrachet 1er Cru par exemple.
Certains pensent que l’image d’un vin est plus dégradée par un goût de bouchon que par un bouchon synthétique.
Quels impacts sur l’environnement? Les bouchons synthétiques sont des produits à base de pétrole réclamant beaucoup d’énergie pour leur production, provoquant notamment des émissions d’hydrocarbure. On estime que la production annuelle de bouchons synthétiques représente la consommation de 1650 000 tonnes de pétrole, ce qui équivaut à environ 1 tonne de pétrole pour 13 000 bouteilles de vin. Le volume de bouchons synthétiques produit chaque année correspond à 1,3 milliards de sacs plastiques… Le plastique courant peut prendre entre 500 et 1000 ans pour se décomposer dans la nature., mais il existe aussi une gamme de bouchons synthétiques à empreinte carbone neutre désormais, et même il existe des bouchons réalisés à base de canne à sucre bio.

Capsule à vis



Les capsules ont été introduites depuis le début des années 1970 sur les marchés tout d'abord suisses, puis un fort développement en Australie et Nouvelle-Zélande (marque Stelvin). En France, ce phénomène est plus récent (les années 2000) avec des précurseurs comme André Lurton ou Michel Laroche. Deux types de joints adaptés selon les vins : Saran film étain ou Saranex ; l'œnologue choisit le joint en fonction de l'échange gazeux souhaité. L'avantage principal de la capsule à vis serait de maintenir « une qualité constante d'une bouteille à l'autre »
La capsule à vis paraît plutôt adaptée au bouchage des vins fruités (blancs, rosés ou rouges) d'entrée ou de milieu de gamme aux arômes sensibles à l'oxydation. La pratique prouve le contraire puisque quelques crus du Bordelais se sont déjà tournés vers la capsule à vis. D'un point de vue purement technique, de par son étanchéité à l'oxygène, la capsule à vis apparaît comme l'obturateur de choix pour le bouchage des vins dits "thiolés" comme les vins de Sauvignon ou de Colombard. Près de 100% des vins de Sauvignon de Nouvelle-Zélande, vins reconnus mondialement pour leurs qualités aromatiques sont capsulés.
Quels sont les inconvénients du bouchage ou de la capsule à vis ?
l'acceptation sur le marché français encore attaché au bouchage traditionnel liège. Il faut signaler que les marchés plus "sophistiqués" (anglo-saxons ou nord de l'Europe) s'en accomodent déjà depuis plusieurs années
compte tenu des faibles quantités de vins bouchés à l'aide de capsules à vis, il existe un léger surcoût (équipement, bouteilles bague BVS) par rapport à un bouchage traditionnel
absence de diminution de la teneur en gaz carbonique après 1 ou 2 ans de conditionnement comme c'est le cas avec un bouchage liège. Il faut ainsi contrôler avec rigueur la teneur en CO2 au moment de la mise en bouteille
réglage et entretien de la sertisseuse plus difficiles et plus techniques
l'apparition de goûts de réduction a parfois été signalé
La part de marché des capsules à vis pour les vins est en constante progression : plus de 3 milliards de bouteilles en 2008 dans le monde sur les 17 milliards de bouteilles (dont 300 millions en France). Les vins bouchés avec des capsules à vis sont souvent encore perçus comme des vins de piètre qualité.
En quelque mots le liège donne du fondu, alors que métal conserve le vif et le tranchant.

Quels impacts sur l’environnement? 

Avec lequel sont fabriquées les capsules à vis est extrait de mines de bauxite, dans des régions tropicales par les communautés de population indigène (nord de l’Australie, Amérique du Sud, Afrique). La production de ce minerai est responsable de la dévastation de nombreuses régions et de quelques merveilles de la planète comme la montagne Malanje au Malawi ou les baleines bleues de la rivière St Lawrence au Canada.
Selon le « Worldwatch Institute », l’industrie de l’aluminium est considérablement gourmande en énergie : elle consomme en un an presque autant d’énergie que l’ensemble du continent africain. Bien que l’aluminium soit recyclable, il n’y a pas d’assurance que les capsules à vis puissent être réellement recyclées, une grande partie des entreprises de recyclage imposent en effet que le joint synthétique qu’elles contiennent soit retiré ce qui pose de très grosses difficultés.

Bouchon en Verre, Vinolok


De plus en plus de vignerons sont séduits par le concept ! L’élégance et la facilité d’utilisation du bouchon en verre étant deux critères déterminants dans l’adoption de ce mode de bouchage. Mais ce n’est pas tout. Pour un bouchage complètement hermétique, et face à la concurrence de la capsule à vis, le bouchon en verre s’impose petit à petit et notamment grâce à son esthétique.
Preciosa, société basée en République Tchèque et spécialisée dans l’univers de la cristallerie, élabore un bouchon en verre recyclable baptisé Vinolok. Véritable révolution, il s’inspire des modes de bouchage des flacons en verre, n’altère pas le goût du vin et apporte une solide technicité à la bouteille. Selon Christophe Chapoulie, l’un des distributeurs de Vinolok et directeur commercial de Preciosa en France. En prime, ce bouchon s'adapte à la grande majorité des bouteilles avec tous types de capsules de surbouchage. Sérieux concurrent de la capsule à vis, le bouchon en verre ne saurait encore détrôner le liège et sa capacité de longue conservation du vin.
Bouchon en verre, vins de garde ?
Avec un recul de seulement 10 ans sur la garde et le vieillissement des vins rouges, il est difficile de définir précisément le potentiel du bouchon en verre. Pour l’instant, "80% du marché concerne les vins rosés ou les vins biologiques", explique Christophe Chapoulie. Quoiqu’il en soit, le bouchon en verre exclut les risques vin bouchonné… ! Et, si 200 propriétés l’ont déjà adopté, des tests sont en cours pour améliorer les performances de garde du bouchon et dépasser le critère esthétique ou hermétique comme élément décisif. Son prix ?Comptez 50 centimes l’unité contre 10 à 20 centimes pour un bouchon en liège. "Même s’il a un coût plus élevé, le bouchon Vinolok a un véritable impact puisqu’il augmente la décision d’achat de 30 à 40%chez le consommateur." Revers logique de la médaille, le vin est plus coûteux. Et pour certains vignerons, la décision d’opter pour le verre constitue, au-delà du simple investissement, une opportunité. "Certains en profitent pour dynamiser une gamme de vins ou démarrer un nouveau projet. Dans ce cas précis, le bouchon en verre agit comme un déclic !", souligne Christophe Chapoulie.

Quels impacts sur l’environnement? 

Il est recyclable, ce qui peut être un très bon argument pour les « bios » le verre seul matériau 100 recyclable bénéficie d’une filière entièrement consacrée à son recyclage.

Bouchon DIAM


Qui n'est jamais tombé un jour sur une bouteille bouchonnée ? Au début des années 2000, 5 à 10 % des bouteilles étaient touchées. Avec la montée de la concurrence, l'apparition des bouchons synthétiques et des capsules à vis, les fabricants de bouchons se sont mobilisés. Le principal acteur, Amorim, a fortement investi dans la recherche et a réussi à juguler le problème, sans toutefois le supprimer totalement.

Une approche originale est celle du bouchon Diam qui extrait le principal pollueur connu sous le nom de trichloroanisole (TCA). Le procédé est basé sur un brevet du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) qui utilise les diverses phases critiques du gaz carbonique :le liège est réduit en poudre, on procède à l'extraction du TCA mais aussi de nombreux composants responsables de faux goûts, et on reconstitue le bouchon. Une usine qui utilise ce procédé complexe vient d'être construite en Espagne, près de la frontière portugaise, là où se trouve l'essentiel de la matière première.

Avec près d'un milliard de bouchons par an, Diam Bouchage fait sa percée, en particulier du côté des vins blancs qui sont les plus touchés par les défauts aromatiques. Des producteurs aussi célèbres que Cauhapé à Jurançon, Barmès-Buecher et Hugel en Alsace n'ont pas hésité à faire confiance au seul bouchon en liège garanti sans goût de bouchon. Mais le procédé est jeune et manque de recul. Aucun grand cru n'a encore tenté l'aventure.

Quels impacts sur l’environnement?

C’est un bouchon reconstitué, il contient des colles alimentaires. Elles ne semblent pas faire l’unanimité: on leur reproche leur nature de polymères (donc pas « naturelle »). L’inquiétude est là, pour le très long terme: comment se comporteront-elles? Il n’y a qu’une dizaine d’années de recul . Si pour l’instant, aucun souci n’a encore été constaté, certains restent méfiants.
L'impact le moins négatif revient incontestablement au liège naturel mais il reste difficile d'apporter une réponse précise et chiffrée. Pour la fabrication des capsules à vis, la transformation de la bauxite en aluminium demande beaucoup d’énergie. Ces impacts pourraient être réduits par la mise en place d'une filière de récupération, les capsules étant entièrement recyclables.




Voilà qu’est-ce qui faut savoir.
Et surtout n’oubliez pas de recycler vos bouchons. 
Voici quelque idée pour réutiliser vos bouchons:

En France on consomme 28 millions d’hectolitres de vin chaque année soit près de 12% de la consommation mondiale ! Du coup, ça en fait des bouchons en liège qui partent à la poubelle. Et si, au lieu de leur réserver ce triste sort, on choisissait de les recycler en leur offrant une jolie transformation. 
Recycler les bouchons en liège en accessoires de décoration
On n’y pense pas forcément mais le bouchon en liège a un vrai potentiel déco… même le jour d’un mariage, le DIY est une bonne idée. Dans la cuisine, les capacité de résistance du liège en font un atout certain et son aspect naturel confère beauté et style à des objets du quotidien : dessous de plat et de verres prennent une nouvelle allure ! Côté déco, on peut réaliser des tampons personnalisés pour customiser papeterie et tissus, des tableaux d’affichage très pratiques et même des bougeoirs ! Pour un mariage ? Les bouchons deviennent des portes-noms avec beaucoup de style … A vous de jouer !
-  Reboucher une bouteille, il existe une astuce toute simple pour reboucher les bouteilles qu’on n’a pas finies. Il suffit de plonger le bouchon dans l’eau bouillante pendant 10 minutes afin de le ramollir… Lui rendre, ensuite, sa fonction initiale devient un jeu d’enfant !
-  Eviter que les fruits s’abîment trop rapidement. Un bouchon en liège coupé en deux et posé dans la corbeille de fruits permet de retarder la maturation des fruits et d’éviter qu’ils noircissent et pourrissent trop vite.
-  Sauver le frigo. Odeur désagréable et persistante dans le frigo ? Un simple bouchon de liège peut sauver votre odorat. Installé dans le réfrigérateur, il capte les mauvaises odeurs.



1 commentaire:

  1. merci pour cet article , on se penche justement sur la question avec mon mari et l impact écologique nous parait important

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